Religion du désert-religion de la forêt

Posté le 22 mai 2019 par Pierre-Yves Lenoble dans Articles

« D’une façon générale, les œuvres des peuples sédentaires sont, pourrait-on dire, des œuvres du temps : fixés dans l’espace à un domaine strictement délimité, ils développent leur activité dans une continuité temporelle qui leur apparaît comme indéfinie. Par contre, les peuples nomades et pasteurs n’édifient rien de durable, et ne travaillent pas en vue d’un avenir qui leur échappe ; mais ils ont devant eux l’espace, qui ne leur oppose aucune limitation, mais leur ouvre au contraire constamment de nouvelles possibilités », René Guénon (Le Règne de la Quantité, Gallimard, 1972, p. 145).

deserts-camel-sahara.adapt.945.1Pine forest with the last of the sun shining through the trees. 

 

De tout temps et en tous lieux, il s’est établi une relation intime, une compénétration synchronique, entre Nature et Culture, un lien sympathique s’est tissé entre les croyances des peuples et l’environnement naturel qui les a vu naître.

En d’autres termes, on peut affirmer que le milieu géographique détermine des impressions variables, offre des expériences différenciées et implique des comportements appropriés. Il n’est donc pas surprenant de constater que l’aspect extérieur et les particularités d’un territoire conditionnent largement la psyché de ses habitants, et dès lors, nous voyons que le spectacle quotidien d’une terre natale et d’une nature familière a coloré et imprégné en profondeur toutes les traditions, toutes les formes religieuses et tous les mythes apparus dans l’histoire.

En clair, le paysage naturel a partout et toujours façonné le paysage mental, les conditions environnementales ont partout et toujours fortement influencé les différentes manifestations du Sacré. L’âme profonde d’un peuple dépend essentiellement et logiquement de l’aspect extérieur de son lieu de vie. Le cadre spatial qualifie le cadre mental.

Dans cette optique, la relation dialectique entre religions du désert et religions de la forêt (ou entre sacralités sémitiques et sacralités indo-européennes, ou entre abrahamisme et paganisme, ou entre nomades monothéistes et sédentaires polythéistes) nous paraît fondamentale.

Cette distinction majeure marque en effet deux modes d’être-dans-le-monde radicalement différents, deux façons opposées mais complémentaires de concevoir l’unicité de Dieu, deux grandioses visions du monde qui, suivant les époques, se sont parfois subtilement embrassées, parfois férocement combattues.

Nous tenterons en quelques lignes de définir et de caractériser ces deux grands courants religieux et civilisationnels nés dans les déserts moyen-orientaux et les forêts eurasiennes.

Tout d’abord, il convient de voir comment les deux religions ont conçu le dieu suprême, et plus précisément, sous quels traits symboliques et sous quels regards particuliers ont-elles perçu celui que toutes les traditions humaines connaissent comme le “Père du Ciel”, créateur du monde et des hommes.

Dans l’ensemble civilisationnel indo-européen, la grande divinité paternelle est directement assimilée au ciel, à la lumière journalière, à l’aurore, à la clarté originelle et au renouveau post-hivernal.

Effectivement, les termes désignant « dieu » (latin : deus ; sanskrit : deva ; iranien : div ; vieux germain : tivar ; lituanien : diewas ; irlandais : dia) ainsi que les noms des principaux dieux (Dyaus-Pitar en Inde, Zeus Pater en Grèce, Daipatūres en Illyrie, Jupiter en pays latins ou encore Zeus-Pappos en Thrace-Phrygie) dérivent étymologiquement du radical indo-européen deiwos : « ciel », mais aussi des racines sanskrites dyu et div renvoyant au « jour » et à la « luminosité » (on retrouve ces racines dans le latin dies et l’anglais day désignant le « jour »).

Plus généralement, on peut avancer que le païen des forêts et des campagnes européennes, résidant au sein d’une nature luxuriante, vivant au rythme de la ronde des saisons, contemplant une grande variété de paysages, devant s’adapter à des climats changeants et côtoyant une multitude d’espèces végétales et animales, ce païen, disons-nous, va appréhender l’Un à travers le Multiple, de la même manière que la lumière solaire est cachée par les brumes épaisses, voilée par les nuages, fractionnée par les branchages et atténuée par les hauts feuillages, et aura donc tendance à se constituer des panthéons bien garnis, à se créer des divinités locales liées aux particularités géographiques ou à la biodiversité (dieu des sources, des bois, des montagnes, des champs, des rivières, des troupeaux… etc.) et à vouer une adoration toute particulière à la figure féminine de la Terre-Mère, perpétuellement féconde et nourricière, garante des fructueuses récoltes et de la fertilité des êtres humains.

Pour les païens européens, la nature est exubérante, abondante, diversifiée et produit largement le nécessaire à la survie, elle invite à la cultiver, à la modifier et à lui imposer des limites, elle incite à la chasse, au défrichement, à l’agriculture, à l’esprit d’entreprise et à la construction : tout est à disposition ici-bas, c’est à l’homme seul de gagner sa place au Ciel, “à la sueur de son propre front” (“Par sa valeur” à l’image de la signification du nom de Perceval).

Aussi, dans ce contexte fait d’un environnement complexe et florissant, la divinité suprême est invisible, elle s’est retirée des affaires du monde ou est cachée (c’est le fameux dieu inconnu des Athéniens, sceptiques devant saint Paul) et est assimilée au Destin insondable, seuls les dieux secondaires ont le pouvoir d’apporter un léger secours et une protection temporaire. L’homme est debout face à ses dieux et a une confiante certitude en eux, comme l’indique par exemple l’expression theoi philoi (« dieux-amis ») souvent utilisée par Homère dans l’Odyssée.

Dans la perspective des religions de la forêt, le Beau, le Juste, le Vrai, le Bien, inatteignables ici-bas, se laissent découvrir à travers la perfection des œuvres et des lois de la nature, les choses d’en-bas reflètent les choses d’en-haut, le mouvement général des âmes et des consciences va de la multiplicité terrestre à l’unité céleste, du plan Sensible, de l’Immanence, pour aller à celui de l’Intelligible, de la Transcendance.

En revanche, la conception de Dieu dans les religions sémitiques participe d’un mouvement de l’âme inverse du fait de l’immobilité, de l’horizontalité, de l’uniformité, du vide et de l’infertilité propres au milieu désertique.

Alors que l’environnement naturel de l’Indo-européen est généreux et hospitalier à condition de le travailler sans attendre d’aide providentielle, à l’inverse, au regard de l’homme du désert, la sécheresse et la désolation du paysage, avec son soleil brûlant le sol aride et brillant seul au milieu du firmament, invitent à l’humilité et à la crainte.

De même, les difficulté du climat et du terrain obligent les peuples sémitiques à s’organiser en sociétés très soudées et fermées avec un pouvoir central fort, une institution religieuse stricte et légaliste, à maintenir une vision unicitaire et exclusiviste du monde, à développer les échanges, la communication, le transport et le commerce à grande échelle.

Tout cela rend la perception de l’existence beaucoup plus fluide et passagère que celle de l’Indo-européen, plus enraciné sur sa terre (« Ils vivent à l’écart les uns des autres », remarquait Tacite en parlant de l’habitat des anciens Germains) ; ce dernier sera également beaucoup plus indépendant du groupe et de ses codes collectifs que les peuples du désert pour lesquels la cohésion sociale, l’entraide, le prosélytisme et le communautarisme constituent des nécessités primordiales, du fait de la difficulté des conditions géographiques et du besoin des autres pour survivre.

Dans ce décor vierge, homogène et indifférencié, l’unicité de Dieu est omniprésente et sa domination sans partage sur le plan horizontal est constamment ressentie, d’où un certain fatalisme face à la vie, une vision a-cosmique et a-somatique, sans compter la croyance fort répandue en la prédestination.

Le Père céleste, lointain pour l’Indo-européen, sera donc perçu par le Sémite comme un maître absolu, jaloux, colérique et rémunérateur, à la fois un dieu destructeur qui sème la désolation, à la fois un dieu sauveur qui dispense la pluie bienfaitrice.

A cet égard, les noms donnés à Dieu dans les religions sémitiques sont tout à fait significatifs quant à cette conception du Sacré faisant de l’homme une créature servile, intégralement soumise à un dieu omnipotent, porteur de commandements précis et imprescriptibles (on sait ainsi que le terme Islam renvoie à la soumission et à la sujétion aux ordres divins).

Des noms divins tels que Baal ou Adonaï (signifiant le « Seigneur »), Shaddaï (le « Tout-Puissant »), Sabbaoth (le « Seigneur des Armées »), El-Elyon (le « Très-Haut »), Melech ou Moloch (le « Roi ») représentent des avatars d’un dieu souverain et terrible devant lequel il faut se prosterner, le front collé au sol.

Ici, Dieu est l’Alpha et l’Oméga, il est le Grand-Un et le Grand-Tout comme le suggère les noms El, Elohim ou Allah dérivés de la racine hébraïque Èl qui évoque la force, la puissance et le pouvoir (nous signalerons que l’on retrouve étrangement cette racine dans les langues germaniques avec par exemple alone et allein : « seul » ou encore all et alles : « tout », respectivement en anglais et en allemand).

C’est l’esprit de Dieu qui “descend” et “habite” parmi les hommes et donc, à l’opposé des religions de la forêt qui s’appuient sur l’ici-bas pour tendre vers l’au-delà, les religions du désert impliquent un mouvement général de l’âme allant de haut en bas, du Ciel à la Terre (tel est le sens du mot arabe Barakah désignant les influences spirituelles et les bénédictions provenant de Dieu), l’homme se trouve en permanence sous le regard omniscient de Dieu.

Pour terminer ce court article, nous dirons que la dichotomie entre les sacralités indo-européennes et sémitiques peut se résumer ainsi : pour les premières, le monde étant plein, la nature étant riche et peuplée d’innombrables créatures, l’Unité divine sera conçue comme vide d’attributs, à l’image d’une clairière au milieu des bois ; pour les secondes, le monde étant vide, la nature étant hostile et immobile, l’Unité divine sera conçue comme pleine d’attributs, à l’image d’un oasis au milieu du désert.

Pour les unes, Dieu est un « moteur immobile » qu’il faut trouver soi-même, pour les autres un dieu personnifié qui agit (voire s’incarne) directement dans l’histoire humaine, pour les unes, Dieu est un père absent ou un père ami, pour les autres, un père fouettard ou un papa-poule, pour les unes, l’espace est à modifier, pour les autres, à traverser, pour les unes, le temps est cyclique et compressif, pour les autres, linéaire et expansif.

D’un coté, l’éternel retour, de l’autre, la fuite en avant, d’un coté, le système du monde est statique alors que la relation à Dieu est active, de l’autre, le système du monde est dynamique alors que la relation à Dieu est réceptive, d’un coté, l’attente du « Crépuscule des dieux », de l’autre, de l’ « avènement du Messie »…

Ces deux types de vie religieuse et de vision du monde qui ont produit deux types divergents d’homme et de société ont influencé la marche de l’histoire et se sont constamment confrontés depuis 2000 ans… pour le meilleur et pour le pire.

Ainsi il nous faut constater que la dernière époque traditionnelle de l’Occident que fut le beau Moyen-âge des cathédrales a constitué un superbe et fécond mariage entre la sacralité barbare des forêts et la sacralité sémitique du désert, avec une complète et subtile réadaptation chrétienne de l’ancien monde païen (on notera au passage que les clercs médiévaux surnommaient la forêt « désert » en référence à l’aventure solitaire et au retrait de la vie mondaine que pratiquaient les premiers Pères du désert).

Saint Bernard, l’homme le plus illustre de la Chrétienté européenne qui incarna cette symbiose parfaite entre le mystique du désert et le chevalier des forêts, déclarait simplement : « Tu trouveras bien plus dans les forêts que dans les livres ».

Nicolas+Poussin+-+The+Adoration+of+the+Golden+Calf+

Or, depuis la période des “trois R” (Renaissance, Réforme, Révolution) et l’influence grandissante du courant mammonique judéo-maçonnico-protestant (n’oublions pas que l’on désignait par « Désert » la clandestinité des Protestants restés en France pendant les persécutions religieuses), l’Occident, qui aujourd’hui comprend l’ensemble du globe, est toujours porté par un idéal collectif couplant pensée du désert et pensée de la forêt, mais cette fois, en en extrayant les plus mauvais cotés de chacune : le prométhéisme, l’hybris, le polythéisme, la débauche, la surproduction, le nihilisme, l’individualisme et le penchant suicidaire propres à l’Européen, le tout agrémenté du littéralisme, du légalisme, du collectivisme, de l’étatisme, du capitalisme, du messianisme, du puritanisme et du “nomadisme” à la sauce attalienne propres au Sémites.

Bref, qui va gagner le combat pour glander tranquille sur la plage ? Bikini ou Burkini ? « Du pain et des jeux » ou « veau d’or » ? Futur carnavalesque ou futur carcéral ? Ragnarök ou Apocalypse ?

16 Commentaires le “Religion du désert-religion de la forêt”

  1. Fabrice

    Une petite introduction avant le débat avec Ralf. Merci de nous ouvrir cet angle de vue. C’est passionnant.

  2. Ralf

    Ce ne sera pas un débat, quelle horreur, mais une discussion. Nos divergences sur la question sont minimes

  3. Tof

    Désaccord total. Les peuples des forêts adoraient la Grande Déesse, et sa médiatrice des mystères, la Lumière Organique.

    Les gens de la forêt n’ont jamais adoré une divinité mâle psychopathique, Iadlabaoth !

    Les peuples de la forêt ne disent pas merci au Dieu paternaliste unique archontique et dégénéré qui a justifié leur éradication , et qui continue.

    L’Etat martial jacobin est le corolaire du Dieu unique mâle, la dette éternelle bancaire celui du pêché originel.

    Rédemption psychopathique et couple victime/perpétuateur :

    https://magie-tantrique-gaienne.com/2018/03/17/chapitre-17-la-fin-du-patriarcat/

    Le zaddikisme dégénéré de Qumram a contaminé la planète entière, le meurtre d’Hypatia en 415 marque le début de cette ère funeste et sordide.

    Ne mêlez pas le peuple des forêts avec ce psychopathe de bas étage et qui sont éradiqués partout en son nom, qu’il s’appelle Yahvé, Dieu ou Allah !

    Les chamanes ne vous disent pas merci.

    Ils meurent.

    ça prendra le temps qu’il faudra, mais on va faire sauter ce Dieu jaloux et débile qui a fait détruire tant et tant de civilisations, jusqu’à éradiquer SOPHIA du paysage.

    Israélites, chrétiens, musulmans, et autres bouddhistes patriarcaux, mesurez vos acabits, ça va twister.

    Les circonvolutions religieuses actuelles sont le prélude à cela, leurs abominations le cri de la bête qui meure.

    Au fait, Rome remercie Daesh, son Torquemada d’opérette, d’avoir correctement mener croisade contre les alaouites, chiites, yézidis et autres kurdes.

    Les sunnites, ces pauvres truffes, sont sous le contrôle de le GB depuis la fin du XVIIIème et leur main mise sur les Saoud et autres Wahhab.

    On reconnait toujours la patte romaine à l’odeur de chair qui crame, vive de préférence.

    A l’image des camps de serbes, et de la Sainte Inquisition menée par Stepinac en Yougoslavie, ensuite béatifié par JPII.

    Les convertirons de masse, les curés qui énucléaient les récalcitrants, les écorchés vifs !

    Staline et Mao sont les derniers messies, forcément communistes de cette pathologie.

    Le communisme est le dernier avatar séculier du Dieu jaloux.

    C’est aussi son projet pour la Terre.

    • Pierre-Yves Lenoble

      Vous avez lu mon article? Car je dis plus ou moins la même chose que vous

  4. inconnu

    Bonjour,

     » D’autre part, il est à remarquer, toujours en envisageant les choses dans leur état présent, que les peuples occidentaux et plus spécialement les peuples nordiques, sont ceux qui semblent éprouver le plus de difficultés à comprendre la doctrine de l’Unité, en même temps qu’ils sont plus engagés que tous les autres dans le changement et la multiplicité. Les deux choses vont évidemment ensemble et peut-être y a-t-il là quelque chose qui tient, au moins en partie, aux conditions d’existence de ces peuples : question de tempérament, mais aussi question de climat, l’un étant d’ailleurs fonction de l’autre, au moins jusqu’à un certain point. Dans les pays du Nord, en effet, où la lumière solaire est faible et souvent voilée, toutes choses apparaissent aux regards avec une égale valeur, si l’on peut dire, et d’une façon qui affirme purement et simplement leur existence individue lle sans rien laisser entrevoir au-delà ; ainsi, dans l’expérience ordinaire elle-même, on ne voit véritablement que la multiplicité. Il en est tout autrement dans les pays où le soleil, par son rayonnement intense, absorbe pour ainsi dire toutes choses en lui-même, les faisant disparaître devant lui comme la multiplicité disparaît devant l’Unité, non qu’elle cesse d’exister selon son mode propre, mais parce que cette existence n’est rigoureusement rien au regard du Principe. Ainsi, l’Unité devient en quelque sorte sensible : ce flamboiement solaire, c’est l’image de la fulguration de l’œil de Shiva, qui réduit en cendres toute manifestation. Le soleil s’impose ici comme le symbole par excellence du Principe Un (Allahu Ahad), qui est l’Être nécessaire, Celui qui seul Se suffit à Lui-même dans Son absolue plénitude (Allahu Es-Samad), et de qui dépendent entièrement l’existence et la subsistance de toutes choses, qui hors de Lui ne seraient que néant.
    Le « monothéisme », si l’on peut employer ce mot pour traduire Et-Tawhîd, bien qu’il en restreigne quelque peu la signification en faisant penser presque inévitablement à un point de vue exclusivement religieux, le « monothéisme », disons-nous, a donc un caractère essentiellement « solaire ». Il n’est nulle part plus « sensible » que dans le désert où la diversité des choses est réduite à son minimum, et où, en même temps, les mirages font apparaître tout ce qu’a d’illusoire le monde manifesté. Là, le rayonnement solaire produit les choses et les détruit tour à tour ; ou plutôt, car il est inexact de dire qu’il les détruit, il les transforme et les résorbe après les avoir manifestées. On ne pourrait trouver une image plus vraie de l’Unité se déployant extérieurement dans la multiplicité sans cesser d’être elle-même et sans en être affectée, puis ramenant à elle, toujours selon les apparences, cette multiplicité qui, en réalité, n’en est jamais sortie, car il ne saurait rien y avoir en dehors du Principe, auquel on ne peut rien ajouter et duquel on ne peut rien retrancher, parce qu’Il est l’indivisible totalité de l’Existence unique. Dans la lumière intense des pays d’Orient, il suffit de voir pour comprendre ces choses, pour en saisir immédiatement la vérité profonde ; et surtout il semble impossible de ne pas les comprendre ainsi dans le désert, où le soleil trace les Noms divins en lettres de feu dans le ciel. » Aperçus sur l’Ésotérisme islamique et le Taoïsme, René Guénon, CHAPITRE III – Et-Tawhid

    les formes traditionnelles : Christianisme, Islam, … ont donc permis à plusieurs civilisations de se vivifier pour ne pas s’éteindre et sombrer dans l’oubli ou la dissolution complète, semble –t-il ?
    C’est la thèse des travaux de Hamza Benaïssa, Il écrit  » nous dirons que ce n’est qu’à partir du moment où les significations de la Tradition commençaient à s’émousser, voire à subir une inversion de polarité au cours du processus de dégénérescence cyclique que le Berbère va éprouver le besoin normal et légitime de se ressourcer là où la Tradition est demeurée encore régulière et vivante. D’où son rattachement tardif, entre autres à l’Hébraïsme, puis au Christianisme et enfin à l’Islam. A travers tous ces rattachements, le Berbère ne fait que renouer le lien avec le principe spirituel d’où l’ont désintégré les vicissitudes cycliques. Cette situation n’est pas exclusive du Berbère, mais spécifique de toues les collectivités humaines où l’esprit traditionnel exerce providentiellement, c’est-à-dire au moment voulu, une force de rappel pour les amener à se rattacher de nouveau à une Tradition vivante en vue du seul et unique but de la transfiguration de l’identité psychologique dans l’universel… Le Christianisme qui marque l’histoire de l’Europe occidentale depuis vingt siècles environ est né à l’extérieur de cette même Europe… Ni l’Europe ne rejettent le Christianisme parce que simplement il est d’origine extérieure  » Hamza Benaïssa dans , Tradition et Identité

    le mot  » arabe » dont la racine est  » ع ر ب  » qui signifie clarté ( profondeur, dynamique)
    le mot occident dont la racine est  » غ ر ب  » ;
    la distinction entre ces deux racines étant le point .

    Bonne continuation pour vos travaux

    • Pierre-Yves Lenoble

      Merci pour ces compléments (notamment pour la citation de Guénon, je la recherchais). Cordialement.

  5. inconnu

    Bonjour,
    Vous trouverez l’article dans le lien suivant :
    https://www.index-rene-guenon.org/Access_book.php?sigle=AEIT&page=40

    Ainsi que d’autres références dans l’ensemble de ses ouvrages sur le sujet que vous exposez
    Bonne continuation pour vos travaux.

    Cordialement

  6. Scarlett

    Bonjour,

    Et merci pour cet excellent article.
    N’ayant pas trouvé d’espace « Contact » sur votre blog, je vous adresse ma question ici : j’aimerais savoir si vous accepteriez que cet article soit publié sur un site externe ?

    Si vous souhaitez plus d’informations, vous pouvez me contacter via l’adresse mail requise pour ce commentaire.

    Bien cordialement,

    • Pierre-Yves Lenoble

      Bonjour, il n’y a aucun soucis, au contraire cela me fait plaisir que l’article soit partagé ; cordialement :)

      • Scarlett

        Bonjour Pierre-Yves et un grand merci pour votre réponse positive :)

        Voici le lien de publication :
        fr.sott.net/article/34070-Desert-et-foret-L-influence-intrinseque-du-paysage-naturel-sur-le-paysage-mental-des-populations

        Belle fin de semaine à vous, et au plaisir de continuer à parcourir vos travaux.

  7. Anwen

    Bonjour,
    Et désolé d’avance pour la longueur du commentaire (si toutefois il est validé).
    « Tu trouveras bien plus dans les forêts que dans les livres ». Saint-Bernard avait raison.
    Les Mystères, qui perpétuaient le culte de la Nature, célébraient une grande fête au solstice d’hiver devenu la Noël.
    C’était une représentation symbolique du retour à la vie, de la remontée du soleil. Cette date marquait le vrai début de l’année astronomique : c’était en même temps une occasion de rappeler la grande science de Myriam si odieusement dénaturée par Ram (les disciples de Ram étaient appelés Ramsès en Egypte), et de raviver son culte, jamais éteint, du reste. On expliquait, dans les Mystères, que l’Arbre de Vie est, en même temps, l’Arbre de la science, que c’est en étudiant son développement que l’on comprend comment l’homme sort de la terre, croyance qui était générale. On savait que l’homme était arbre avant de devenir homme. Toute la science antique s’éclairait par cette connaissance.
    Au solstice d’hiver, à Noël, on allait en procession, à minuit, visiter les images de Myriam placées dans des petites chapelles sur des arbres. On tenait en main des flambeaux allumés pour symboliser la lumière de l’Esprit et on marchait en chantant des hymnes qu’on a longtemps appelés des « Noëls ». On arrivait ainsi devant l’Arbre qui portait l’image de Marie et, là, les Dryades expliquaient l’Origine végétale, l’Arbre de Vie et les lois de son évolution.
    Par la suite, dans les pays du Nord où le froid était intense au mois de décembre, et où la terre était souvent couverte de neige, on fut obligé, par mesure d’hygiène, de modifier la cérémonie. On décida alors d’apporter l’Arbre à la maison au lieu d’aller le trouver où il était, et de continuer l’antique Mystère dans un lieu couvert et chaud.
    L’Arbre de Noël est une coutume du Nord, les peuples du Midi ne le connaissent pas, ils ont toujours continué à célébrer la fête de l’Arbre en plein air.
    Avec le temps, la cérémonie se modifia encore. Dans les familles pauvres, on se contente d’une bûche au lieu d’un arbre. La bûche de Noël est le tison sacré, image de l’ardeur vivifiante du soleil. On l’allumait au solstice d’hiver et chacun venait y présenter des branches vertes qu’il éteignait ensuite et gardait dans, sa maison pendant l’année.
    Rappelons que les premières institutrices sont désignées chez les Latins par le mot Dryades, mot qui signifie dans la mythologie « Nymphes des forêts ». Les Dryades étaient logées à portée des forêts sacrées. Les Germains les appellent les Dames des forêts et des eaux. On disait aussi Hamadryades. Ces Nymphes avaient la garde des arbres et empêchaient de les couper. On disait qu’elles naissaient et mouraient avec l’arbre dont la garde leur était confiée.
    Le nom de munster que portaient les chefs-lieux de leur résidence est un terme qui signifie lieux consacrés aux Mystères ou à l’observation des astres. Mun-Sterren (ou Mu-Sterren) signifie étoile monitoire, constellation, réunion des Déesses monitoires.
    De ce mot on a fait My-stère, qui doit être écrit Mu-stère, et qui signifie « secret des Déesses », c’est-à-dire un secret qui commandait la vénération (Mot qui vient de Vénus) des peuples, mais qu’il ne convenait pas d’approfondir, si bien que Mystère signifia choses occultes, ou choses sexuelles, cachées, et, peu à peu, Mun-stère signifia Ecole secrète où on enseigne des choses cachées.
    En latinisant le mot munstère, les prêtres ont fait munsterium ou monastère.
    « Les auteurs qui ont traité de l’usage des Forêts sacrées ont bien remarqué que ce culte a été universel et qu’il date des temps les plus reculés », dit de Grave.
    On sait qu’on rendait des oracles dans la forêt de Dodone et dans celle de Daphné.
    Voici en Angleterre une forêt (munster) appelée West-Minster.
    Minster, comme munster, indique que sur cet emplacement il y avait une maison religieuse consacrée aux Mystères, et cette maison était un mona-stère, c’est-à-dire qu’elle abritait un seul sexe. Le local, ou le sanctuaire, où il fut bâti, portait le nom de Thorney, qui venait sans doute de Thorah (la Loi). Ce lieu était jadis une forêt sacrée (lucus sacer), d’où le mot LHWN, origine du mot Londres (d’après Gambden), qu’on fait signifier ville construite d’arbres et de bois.
    Londres (London) est nommée par les Cambro-bretons, habitants originaires du pays, Lundain, et par Ammien Marcellin Lundinum ; le mot lund signifie lucus (forêt).
    Lunder signifie une forêt en langue islandaise.
    Rappelons que West-Minster est devenu le Palais du Parlement britannique.
    Mais l’usurpation masculine a eu des étapes.
    Sous le régime mythologique grec, cette maison fut consacrée au culte d’Apollon.
    Sulcardus, cité par Cambden, assure qu’il se trouvait là un temple delubrum Apollinis. C’est de ce chef que l’Angleterre porte encore dans ses armoiries la lyre ou la harpe d’Apollon, et que les Eaux de Bath sont appelées, dans l’itinéraire d’Antonin, Aquæ Solis, eaux consacrées au soleil.
    L’ancienne signification du mot mun-stère était « avertir », « faire ressouvenir », c’est-à-dire « instruire ».
    Quel était donc ce mystère qu’on enseignait si secrètement ? Tout simplement la Loi des sexes ; c’est cette Loi, ce dualisme qui est représenté dans les Mystères par deux colonnes, et que l’on retrouve dans une multitude de symboles qui ont été altérés, et dont la forme ultime seule a persisté, telles la Toison d’or, la Pierre philosophale (1), la transmutation des métaux.
    La Grande Déesse Vénus, qui vint rétablir la Vérité après le déluge de Ram, le déluge du péché (en flamand Sond-vliet), fut considérée comme une Némésis vengeresse (2), et ce n’est que dans le Mystère qu’elle put rétablir l’enseignement de la Vérité. Un de ses surnoms, Nehal, signifie cessatio, requies. On en a fait Noé.
    (1) Le secret de la Pierre philosophale était le secret de la doctrine philosophique écrite sur des pierres. Ce fameux secret qu’il fallait cacher concerne l’Esprit féminin qui est symbolisé par le feu ou par l’or.
    Ce dernier symbole va nous expliquer l’origine de la légende mythique de la Toison d’or.
    Conquérir la Toison d’or, c’est s’emparer, par la force, des honneurs et du respect que confère l’Esprit. C’est conquérir la position donnée par la supériorité spirituelle, ce n’est pas conquérir l’Esprit, qui ne se conquiert pas. (…)
    (2) Selon le poète Fortunatus, Némus ou Némésis signifie temple ou plutôt Forêt sacrée qui servait de temple.
    Le Concile de Septines-en-Hainaut (en 743 de notre ère) prohibe les cérémonies dans l’intérieur des bois et les nomme Nimides, (de Némésis). Il a un paragraphe intitulé De sacris sylvarum quas Nimidas vocant.
    Némésis est une Déesse qui inspirait aux hommes une sainte horreur.
    De son nom on fit numen nemestrenus, qui présidait aux forêts sacrées. En le masculinisant, on fera Nemetes, et alors il deviendra un surnom de Jupiter.
    Numen sera le nom du lion tué par Hercule. Ce sera le premier de ses travaux.
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/livres-de-femmes-livres-de-verites.html
    Cordialement.

  8. Lorenzo

    Salut à toi,

    Merci à toi pour ce bel article.
    Je t’ai découvert sur YouTube. Ça fait vraiment plaisir de te lire et de pouvoir écouter tes contenus également sur YouTube. Surtout, continue stp! Tu agites nos neurones!

    Lorenzo

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Liens pour se procurer nos ouvrages

Archè Milano

Métaphysique du moyen-âge : http://www.editionsarche.com/PBSCProduct.asp?ItmID=14755129 Le symbolisme du Centre : http://www.editionsarche.com/PBSCCatalog.asp?ItmID=23783805  

Fiat Lux

Diablerie de foule – Le chemin vertical – Vie et ...

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