Le monde imaginal (mundus imaginalis)

Posté le 16 août 2017 par Pierre-Yves Lenoble dans Articles

« Quant à la fonction du mundus imaginalis et des Formes imaginales, elle est définie par leur situation médiane et médiatrice entre le monde intelligible et le monde sensible. D’une part, elle immatérialise les Formes sensibles, d’autre part elle « imaginalise » les Formes intelligibles auxquelles elle donne figure et dimension. Le monde imaginal symbolise d’une part avec les Formes sensibles, d’autre part avec les Formes intelligibles. C’est cette situation médiane qui d’emblée impose à la puissance imaginative une discipline impensable là où elle est dégradée en « fantaisie », ne sécrétant que de l’imaginaire, de l’irréel, et capable de tous les dévergondages. C’est toute la différence que connaissait et marquait déjà fort bien Paracelse entre l’Imaginatio vera (la vraie Imagination, l’Imagination au sens vrai) et la Phantasey », Henry Corbin (Corps spirituel et Terre céleste, Buchet-Chastel, 2014, p. 10).

 Le monde imaginal (mundus imaginalis)


La notion fondamentale de mundus imaginalis (‘âlam al-mithâl, en arabe) remise au goût du jour par l’éminent islamologue H. Corbin revêt à nos yeux une extrême importance et constitue une réalité primordiale et permanente, une véritable constante anthropologique, aussi tangible que le monde matériel que nous arpentons à l’état de veille.

Ce monde supra-terrestre, disons-nous, a de tous temps et en tous lieux été connu des traditions anciennes les plus diverses en tant que domaine subtil uniquement appréhendable par la pensée, soit un ailleurs extra-mondain, un espace onirique, un au-delà tant prénatal que post-mortem, un cadre psychique où grands ancêtres, dieux, déesses, anges, héros, titans, êtres mythologiques et autres entités spirituelles y menaient une « plus-que-vie » éthérique et symbolique.

On le répète, les Anciens, en étroite relation avec l’Invisible, ont toujours intégré dans leur vision du monde une transcendance omniprésente, et ont toujours établi un lien sympathique et permanent entre l’ici-bas et l’Autre-monde : ce domaine spirituel s’est présenté universellement sous les traits à la fois d’un « âge d’or » primitif et d’un éden eschatologique, d’un lieu d’outre-tombe habité par les âmes défuntes, d’un endroit (ou plutôt d’un envers) où tous les rêveurs se rendent chaque nuit et où l’imagination active a l’occasion de trouver un terrain de jeu, bref, d’un « monde des dieux » — d’une « terre sainte », d’une « terre des bienheureux », d’un « pays des merveilles » ou d’une « terre céleste » comme disait joliment Plotin — où se jouent perpétuellement la trame scénarique, les hauts faits et les événements édifiants du grand film de l’Univers.

Aussi, selon nous, l’existence et la réalité constantes du monde imaginal, quoique situé sur un plan métaphysique ou surnaturel au sens le plus littéral, ne font aucun doute puisque l’on ne voit pas comment et pourquoi la structure mentale des peuples qui se sont succédé sur terre a, partout et toujours, été en tous points équivalente, a adopté des paysages symboliques tout à fait comparables et s’est servie d’images parfaitement universelles, isomorphes et isosémantiques.

En effet, sans ce bassin sémantique captif composé d’archétypes imagés, sans ce nuage intellectif fait de figures-types, comment par exemple expliquer les nombreuses similitudes entre certains mythes et certains récits visionnaires, comment interpréter les analogies flagrantes entre divers personnages légendaires, l’identité parfaite de moult divinités qui peuplent les panthéons, sans parler des descriptions en tous points similaires des innombrables contrées fantastiques et autres séjours paradisiaques ?

Comment se fait-il également que des contemplatifs comme l’espagnole sainte Thérèse d’Avila (1515-1582) et le perse Sohrawardî (1155-1191), séparés entre eux par plusieurs siècles et des milliers de kilomètres, ont vu et décrit durant leur extase le même « Château de l’âme » ?

Pourquoi certains mystiques, comme les soufis d’Arabie et les moines rhénans, ont-ils tous vogué spirituellement en direction de la même « Île verte » pourtant localisée sur aucune mappemonde ?

Où et quand se trouvaient prophètes, saints, chamans et autres maîtres spirituels lors de leurs différents voyages en esprit à travers les sept cieux planétaires jusqu’au Trône divin ?

Pour quelles raisons les cosmogonies et les cosmologies du monde entier font toutes état d’une Montagne sacrée localisée au « Centre du Monde » (à l’image du Mêru hindou, de l’Olympe grec, de l’Alborj iranien, du Qâf islamique, du mont Sion des hébreux, du Calvaire chrétien… etc.) ?

Quel niveau de perception faut-il intégrer pour s’apercevoir que la « Cité de Brâhma » des Upanishads hindous est strictement identique à la « Jérusalem céleste » johannique, à la « Civitas Dei » d’Augustin ou à la « République » de Platon ?

Ou encore, dans quelle dimension spatio-temporelle se déroulent les mythes, les légendes, les aventures symboliques, les récits prophétiques, les visions théophaniques, les contes de fées et les quêtes héroïques rencontrées chez l’ensemble des formes traditionnelles connues ?


En bref, nous dirons que le rôle principal de ce monde animique est de mettre en relation, de transmettre la communication, entre Dieu et l’homme…


Ce petit article tentera de répondre tant que faire se peut à ces épineuses questions…

En premier lieu, il convient de rappeler que les sociétés traditionnelles, avec leur paradigme intégralement sacralisé, ont toutes opté pour un schéma cosmologique général divisant l’ensemble du monde manifesté en trois grands niveaux d’existence, superposés graduellement suivant leur degré de subtilité : c’est ce que l’on appelle traditionnellement la doctrine des « Trois Mondes ».

Ainsi, outre l’Unité divine incommensurable — car absolue, non-manifestée et infinie — en tant que Possibilité universelle, la manifestation cosmique se déploie et s’organise comme suit :

  • Le premier monde, le plus élevé de tous, correspond au domaine de l’Esprit, au « Ciel » (assimilable au « Royaume de Dieu »), d’une nature purement métaphysique, à la manifestation informelle : c’est le monde invisible, intelligible et noétique ( »idéel » plutôt qu’idéal, pourrait-on dire) où sont éternellement situés en suspens les Formes spirituelles, les Idées platoniciennes, les Noms divins, les Intelligences immatérielles, les Espèces universelles (Species) et les Principes premiers.
  • Le deuxième monde, d’une nature psychique éthérée, est le domaine de l’Âme, il représente l’ « Atmosphère » (le « Paradis terrestre »), la manifestation subtile : c’est le mundus imaginalis proprement dit, où les Idées se font images, où les grands Archétypes métaphysiques prennent corps en figures et symboles afin d’être appréhendés par la pensée humaine qui a forcément besoin de supports visuels (notons au passage que le terme grec idea signifie à la fois « idée » et « image »). « L’âme est tout ce qu’elle connaît » et « l’homme ne pense jamais sans images », enseignait à ce propos le vieux Aristote, et Plutarque disait, dans la même veine, que « L’âme a été créée pour être l’organe de Dieu, et la vertu d’un instrument est d’imiter aussi exactement que possible le dessein de celui qui l’utilise » (Moralia, 404b).
  • Le troisième monde, enfin, revêt une nature matérielle solide, c’est la « Terre » (« Ce monde »), le domaine des Corps, celui de la manifestation grossière et sensible, où naît, vit et meurt le composé psychosomatique périssable de l’homme.

On voit bien par ce qui précède que, dans le cadre du paradigme traditionnel, le monde imaginal fait office d’intermédiaire entre l’Esprit et la matière, de lien entre le fini et l’infini, et, se présente à nous comme un médiateur psychique, un entre-monde, placé entre la condition spatio-temporelle de l’homme mortel sur cette terre et la condition divine au-delà de toute détermination, de toute limitation et de toute contingence.

Ce lieu mystérieux, mi-sensible mi-intelligible, n’est fréquentable que par les âmes délestées de leur véhicules corporels (lors d’une ex-stasis au vrai sens du terme, d’un raptus extra-corporel). C’est en ce « là-bas » apparitionnel, dans cette constellation d’images suspendues dans l’éther, que les corps subtils désincarnés s’en vont rêver toutes les nuits, qu’ils pénètrent et s’aventurent profondément lors des visions extatiques, des épreuves initiatiques ou des songes prophétiques, et surtout, qu’ils transmigreront définitivement au moment de la mort clinique.

Hieronymus Bosch - Painting 6

Effectivement, il est important de bien signaler que seul un lâcher-prise ontologique provoquant une rupture de niveau de conscience perceptive — à l’aide de tout un panel de techniques opératives : méditation intensive, visualisation active, privation sensorielle, mortification, prise de produit hallucinogène, danse sacrée, répétition de mantras… etc. — est à même d’assurer à l’esprit humain l’accès à cet espace supra-terrestre de nature psycho-éthérique.

Dès lors, il est évident que la soi-disant inspiration poétique, la fiction littéraire, l’imagination débordante du romancier, la projection utopiste des auteurs de « science-fiction », le fumeux « plan astral » des courants New-Age imbéciles, le sordide « inconscient » freudien, les « archétypes » tout subjectifs de Jung ou la pseudo-« intuition » bergsonienne, qui ne constituent tous que de vulgaires rêveries fantasmatiques et fantasmagoriques (pour ne pas dire des inversions sataniques de la véritable illumination spirituelle, seule apte à élever et à réaliser l’homme), n’y trouveront jamais leur place et leur heure.

Il y a là toute la différence fondamentale entre, d’un côté, « l’imaginaire » subjectif, changeant anarchiquement suivant les ressentis affectifs et suivant la mémoire individuels à la base de l’imagination passive, et de l’autre, « l’imaginal » objectif, perpétuellement ouvert et disponible à l’activité de l’imagination créatrice de l’homme.

De plus, nous pouvons affirmer que le mundus imaginalis, du fait de sa position médiane au sein de la manifestation universelle, est identifiable à une sorte de miroir à deux faces, d’une ampleur macrocosmique, ayant pour fonction essentielle de faire l’interface visuelle entre les éternelles Idées/Principes divines, informelles donc non-représentables, et la psyché humaine limitée, obligée de penser via toute une variété de représentations formelles et de figures archétypales familières à son entendement.

En d’autres termes, grâce à cet inter-monde et son paysage éthéré tenant lieu de plan de réflexion psycho-imaginal, les grandes Causes de l’univers (ou les Attributs divins, dans un langage plus théologique) se reflètent, se manifestent et s’intelligent de manière à ce que la pensée, la structure mentale et l’action imaginative de l’homme les  »re-cherchent », les  »dé-couvrent », les  »con-templent », les  »re-gardent », les  »com-prennent » et les  »con-naissent ».

En bref, nous dirons que le rôle principal de ce monde animique est de mettre en relation, de transmettre la communication, entre Dieu et l’homme, et inversement (à l’image de la fameuse échelle de Jacob, empruntée dans les deux sens par les anges). Une célèbre formule issue de l’ésotérisme musulman caractérise ainsi de façon concise ce domaine psychique, médiateur entre les consciences individuelles et l’Esprit universel, comme un niveau de réalité subtil « où les corps se spiritualisent et où les esprits se corporifient ».

Ainsi, en raison de son double aspect (à la limite entre le sensitif et l’intellectif), il est par excellence l’agent individuel de la réminiscence ontologique (l’anamnesis) qui assure à toute âme la reconduite vers sa Forme parfaite, la réintégration à son Archétype ultime, l’identification finale à son Ange personnel ancré en Dieu ab aeterno (à ce titre, on ne peut que citer les sages paroles du philosophe Malebranche pour lequel « Dieu est aux âmes ce que l’espace est aux corps »).

L’accès à ce monde d’en-haut se trouve donc bien « en nous-mêmes », rentrer en son sein — soit effectuer le grand « Passage », franchir le « Seuil », ouvrir la « Porte du Ciel » — suppose ainsi de renier « l’homme extérieur » au profit exclusif de « l’homme intérieur » et marque le début de la conquête individuelle, par une intériorisation et une vision actives, des états supérieurs de l’être.

Il est caractéristique par exemple de voir les penseurs soufis, en tant que pèlerins spirituels, parler fréquemment de l’ « œil du cœur » (Ayn el-Qalb) afin d’évoquer l’intériorité de l’organe subtil où s’accomplissent les visions théophaniques. Une sentence coranique (XXII, 46) n’affirme-t-elle pas de façon explicite : « Ce ne sont pas les yeux qui sont aveugles, mais les cœurs » ?

Nous tenons également à faire observer que le mundus imaginalis intermédiaire, avec ses scénarios visionnaires et ses images-types captives, est parfaitement comparable, en tant que canal psychique, au monde angélique des théologiens bibliques ; par exemple, saint Thomas d’Aquin attribuait aux anges le rôle de médiateurs célestes, de messagers (c’est le sens du grec ancien àggelos puis du latin angelus), entre l’ici-bas corruptible (récepteur) et l’immutabilité du Royaume divin (émetteur) : « Les anges connaissent tous les êtres matériels et corporels par les Species intelligibles (= Espèces divines) qui existent en eux. (…) les anges, au moyen des Species que Dieu leur infuse, connaissent les choses non seulement dans leur nature universelle mais aussi dans leur singularité, en tant que ces Species sont des représentations multipliées de la simple et unique essence de Dieu » (Somme Théologique I, 57, 1 et 2).

Le jugement dernier, par Michel-Ange

Au demeurant, il nous faut ajouter que le domaine de l’imaginal n’est pas soumis au même espace/temps que celui qui conditionne la vie sur notre globe : il ne peut être répertorié sur aucune carte géographique et ne peut être intégré à aucune frise chronologique.

C’est en se sens que le métaphysicien médiéval Sohrawardî surnommait cet inter-monde des visions théophaniques : Nâ-kojâ-Âbâd, littéralement le « pays du non-où », l’utopia (le « non-lieu »), marquant par là sa situation trans-mondaine, en tant que lieu des possibles (H. Corbin précisait à ce propos que ce situs psychique n’était « pas situé mais situatif »).

De même, il n’y a là-bas aucune sorte de succession temporelle, seule règne la simultanéité a-chronique (ou plutôt synchronique) au sein d’un « éternel présent » (nunc stans), tant anticipatif que rétroactif, à tout moment ré-actualisable : c’est en ce réservoir animique en suspens que se trouvent les grands symboles et autres enseignements universels utilisés par toutes les traditions particulières, c’est là que se déroulent perpétuellement les grands événements cycliques du cosmos derrière les faits et gestes des personnages mythiques, c’est là que se jouent intemporellement les grands épisodes méta-historiques racontés dans tous les récits sacrés (soit l’ « histoire sainte »), c’est là qu’il faut chercher le paradis aussi bien que l’enfer, le continent originel hyperboréen aussi bien que le futur Millénium apocalyptique, l’Orient mystique aussi bien que l’île occidentale d’Avalon, le pays de Cocagne aussi bien que l’Hadès souterrain, le Graal de Perceval aussi bien que la coupe pleine d’immondices de la Prostituée de Babylone, le nectar des Olympiens aussi bien que la ciguë socratique, Cendrillon aussi bien que le grand méchant Loup, l’Adam primordial aussi bien que le Messie à venir…

En fait, cette absence de quand et de où ne constitue aucunement une impossibilité ni un paradoxe puisque le monde imaginal se présente comme une structure mentale, certes concrète mais sous-jacente, un champs réflectif, neutre, implicite et en puissance (à l’image du plan, des fondations et des murs porteurs d’une maison), qui se décorera et se colorera de mille manières possibles suivant l’état d’être du voyageur de l’âme qui le visite.


Au final, on s’aperçoit que dans les conditions d’existence terrestres, l’homme croit ce qu’il voit, alors qu’a contrario, dans les conditions psycho-visionnaires du mundus imaginalis, il a l’occasion de voir ce qu’il croit.


Ainsi, en fonction du degré de pureté ontologique et du niveau de connaissance métaphysique acquis par l’âme humaine (ce qui correspond analogiquement à l’étagement des sept cieux initiatiques ou à la gamme des sept sphères angéliques), la subtilité du décorum et l’aspect esthétique du mundus imaginalis, mi-intrinsèque mi-extrinsèque à l’homme (« psycho-cosmique » en langage corbinien), sont susceptibles d’infinies modifications externes : chaque psyché individuelle, lors de son séjour ponctuel ou définitif dans les conditions spécifiques du monde d’en-haut, est donc responsable de son sort, tapisse de ses propres images son panorama mental et se crée elle-même sa destinée imaginative particulière.

En somme, tout ce que la mémoire aura emmagasiné et intégré pendant l’état de veille y apparaît sous des formes archétypales et des images symboliques, en totale conformité et en synchronicité avec la nature des impressions dont elles procèdent. Ici, on le redit, le psychisme supérieur désincarné détermine lui-même la mesure qualitative, apparitionnelle et impressive de son propre espace/temps. « Nous leur montrerons Nos signes dans l’univers et en eux-mêmes, jusqu’à ce qu’il leur devienne évident que c’est cela la vérité », lit-on expressément dans le Coran (XLI, 53).

Pour donner une illustration, nous avancerons que la relation entre la structure intemporelle du monde imaginal et les consciences humaines, différenciées et changeantes, peut être légitimement comparée à l’art musical : la première représente les notes, l’harmonie et la mélodie (non-changeantes), la seconde figure les diverses particularités du joueur et la large variété des instruments ; on dira que l’une est la page blanche, l’autre le pinceau…

Au final, on s’aperçoit que dans les conditions d’existence terrestres, l’homme croit ce qu’il voit, alors qu’a contrario, dans les conditions psycho-visionnaires du mundus imaginalis, il a l’occasion de voir ce qu’il croit.

Nous terminerons cet article (qui fera un jour l’objet d’un livre entier inch’ Allah) comme nous l’avons débuté en citant ces quelques mots éclairants et récapitulatifs proférés par H. Corbin quant à ce domaine supra-terrestre et supra-temporel de l’imaginal, l’intermédiaire subtil entre l’ontologique et le cosmologique, la structure psychique constante située entre le sensible et l’intelligible, le lien visionnaire entre l’entendement limité de l’homme et l’Esprit illimité de Dieu : « C’est un monde supra-sensible, en tant qu’il n’est perceptible que par la perception imaginative. Entendons bien, ici encore, qu’il ne s’agit pas simplement de ce que le langage courant de nos jours appelle une imagination, mais d’une vision qui est Imaginatio vera. (…) C’est pourquoi, décidément, nous ne pouvons le qualifier d‘imaginaire, au sens courant où prend ce mot pour dire irréel, inexistant. De même que le mot latin origo nous a donné en français les dérivés « originaire, original, originel », je crois que le mot imago peut nous donner, à côté de l’imaginaire, et par dérivation régulière, le terme imaginal. Nous aurons ainsi le monde imaginal intermédiaire entre le monde sensible et le monde intelligible. (…) Ni nos utopies, ni nos sciences-fictions, ni le sinistre « point oméga », rien de tout cela ne parvient à sortir de ce monde, n’atteint à Nâ-kojâ-Âbâd » (Face de Dieu, face de l’homme, Ed. Entrelacs, 2008, p. 44-46).

Vidéo :  mundus imaginalis

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