La doctrine traditionnelle des races et des castes

Posté le 16 août 2017 par Pierre-Yves Lenoble dans Articles

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« Il (Dieu) donna en partage aux Brâhmanes l’étude et l’enseignement des Védas, l’accomplissement du sacrifice, la direction des sacrifices offerts par d’autres, le droit de donner et celui de recevoir ; Il imposa pour devoirs au Kshatriya de protéger le peuple, d’exercer la charité, de sacrifier, de lire les livres sacrés, et de ne pas s’abandonner aux plaisirs des sens. Soigner les bestiaux, donner l’aumône, sacrifier, étudier les livres saints, faire le commerce, prêter à intérêt, labourer la terre, sont les fonctions allouées au Vaishya. Mais le souverain Maître n’assigna au Shûdra qu’un seul office, celui de servir les castes précédentes, sans déprécier leur mérite », Lois de Manou (Traduit par A. Loiseleur Deslongchamps).


Tout d’abord, à notre époque chaotique de conditionnement mental et de guerre cognitive généralisés, période parodique de stupidité bien-pensante et de commentarite de bonne femme, nous tenons à lever une importante équivoque touchant au sujet fort glissant de ce présent article : nous ne sommes absolument pas racistes (nos proches peuvent en témoigner), dans le sens biologique et naturaliste du terme, car ce concept scientifique tout moderne — inventé par les néodarwinistes de la perfide Albion il y a à peine deux siècles pour justifier la pseudo-domination raciale du bourgeois blanc parasitaire sur le reste de la planète — n’est pas du tout précis et manque cruellement de fiabilité, notamment et surtout de nos jours, à l’heure de la mondialisation totale et du « village planétaire », avec la généralisation des échanges internationaux, des mélanges culturels et des métissages ethniques de grande ampleur.

De même, nous n’écrivons pas ce petit texte pour justifier une quelconque thèse racialiste subjective, mais plutôt pour tenter d’expliquer, à grands traits et sans y mettre de sentiments, le système traditionnel des races et des castes.

N’oublions pas également de rappeler que, suivant le récit génésiaque, la peau de l’homme ne représente qu’une simple « tunique », un avoir contingent, un voile extérieur cachant son proprium spirituel, masquant son être immuable, par définition invisible.

Bien entendu, nous pouvons admettre qu’il existe des peuples ou des ethnies divers et variés, en des termes tant socioculturels que biologiques, mais nous n’établissons entre eux aucune sorte de hiérarchisation, chaque communauté particulière, comme du reste chaque être humain pris isolément, revêtant à nos yeux les qualités de ses défauts et inversement.

À cet égard, il est expressément proclamé dans un magnifique passage du Mahâbhârata (Shanti-Parvan, 188) : « Il n’y a pas de caste supérieure. L’univers est l’œuvre de l’Être immense. Les êtres créés par Lui furent seulement divisés en castes selon leurs aptitudes ».

D’ailleurs, en tant que traditionaliste, nous pensons que le véritable multiculturalisme, la légitime fraternité entre les peuples et la vraie diversité ethnique — impliquant une large variété de populations différenciées et une hétérogénéité psychosomatique qualitative entre les individus — sont une très bonne chose en soi et ne sont aucunement comparables avec leurs parodies actuelles du style « vivre-ensemble » ou du soi-disant « antiracisme » (menant tout droit à une fade uniformisation générale), car il nous faut rappeler en priorité que, du point de vue métaphysique, la Qualité pure suppose nécessairement la différenciation/distinction alors que la Quantité pure suppose l’indifférenciation/indistinction.

En clair, nous avancerons que la doctrine raciale traditionnelle prône la diversité biologique des membres de l’espèce humaine et l’unité transcendante de celle-ci, alors que les théories modernes de la race mettent sciemment de côté cette unité anthropologique d’origine non-humaine (pour ne pas dire divine) et prônent inversement une uniformité dégradante de l’humanité entière. L’une considère subtilement l’homme comme une forme dégradée de l’ange, les autres, au contraire, voient grossièrement l’humain comme un vulgaire dérivé du singe ; selon nous, l’une constitue une sacralisation légitime, l’autre n’est qu’une profanation moderniste…

Par là-même, nous dirons simplement que tous les enseignements traditionnels évoquant les différences entre les hommes ne concernent ni leur extériorité physiologique ni leur capacité intellectuelle ni leur psychologie particulières, mais plutôt leur intériorité ontologique foncière, leur typicité profonde, leur caractère unique, leur fonction sociale et leur utilité intrinsèque pour le bien et la viabilité du groupe (ainsi, on jugera avant tout leur degré de connaissance, de courage et l’efficience de leur « savoir-faire » professionnel).

Ici, il ne s’agit donc pas de différencier entre eux les corps (correspondant à la Matière passive et sans vie), seul compte le domaine de l’esprit, la Forme intérieure, incarnant l’unique et véritable personnalité de chacun d’entre nous : dès lors, dans l’optique traditionnelle, l’homme n’a pas à proprement parler de race biologique (ni du reste de classe sociale), en revanche, il est plus au moins  »racé », soit différencié et qualifié, au regard de ce qu’il porte dans son for intérieur.

Aussi, nous tient-il à cœur de reproduire une nouvelle fois quelques intéressantes réflexions de Julius Evola — accusé injustement de racisme radical, alors qu’il a pourtant toujours copieusement critiqué les doctrines raciales simplistes et violentes des régimes nationaux-socialistes — qui permettent d’entrevoir à travers quel prisme il convient d’aborder la perspective traditionnelle de la question raciale ; le penseur italien — qui a théorisé le concept de « race de l’esprit » et qui parlait parfois de « race interne », de « nature profonde » ou de « style particulier » pour caractériser les vraies différences anthropologiques — affirmait au sujet de l’antique doctrine de la différenciation ontologique, que celle-ci « concerne non plus les différents types de réaction de l’homme en face du milieu et les contenus de l’expérience normale de tous les jours, mais ses différentes attitudes vis-à-vis du monde spirituel, supra-humain et divin, tel qu’il se manifeste sous la forme propre aux systèmes spéculatifs, aux mythes et aux symboles comme à la diversité de l’expérience religieuse elle-même. Il existe également, en ce domaine, des « invariants », ou dénominateurs communs, si l’on veut, des similitudes d’inspiration et d’attitude qui reconduisent précisément à une cause interne différenciatrice — laquelle est précisément la « race de l’esprit » » (Éléments pour une éducation raciale, Pardès, 1984, p. 51).

Dans un esprit identique, faisons remarquer que le terme sanskrit varna : « caste » a également la signification connexe de « couleur », mot qu’il faut surtout entendre non pas de façon littérale mais bien comme la qualité, la saveur, la particularité ou l’intériorité de toutes les choses et de tous les êtres manifestés au sein de la contingence mondaine (le terme varna équivaut ainsi au grec eidos : « forme, idée »).

Une illustration frappante de cette conception raciale supra-corporelle nous est offerte par les barons européens lors des croisades médiévales qui n’hésitaient pas à convoiter et à contracter des alliances matrimoniales avec les princesses des nobles familles orientales, alors que cela aurait été absolument inconcevable pour eux de le faire avec une roturière partageant pourtant les mêmes origines ethniques.

René Guénon donne de précieuses précisions quant au concept traditionnel de la caste, qui se veut avant tout extra-biologique : « Le mot varna, dans son sens primitif, signifie  »couleur », et certains ont voulu trouver là une preuve ou tout au moins un indice du fait supposé que la distinction des castes aurait été fondée à l’origine sur des différences de race ; mais il n’en est rien, car le même mot a, par extension, le sens de  »qualité » en général, d’où son emploi analogique pour désigner la nature particulière d’un être, ce qu’on peut appeler son  »essence individuelle », et c’est bien là ce qui détermine la caste, sans que la considération de la race ait à intervenir autrement que comme un des éléments qui peuvent influer sur la constitution de la nature individuelle » (Introduction générale à l’étude des doctrines Hindoues, Éd. Véga, 2009, p. 199).


…l’énorme gouffre ontologique qui sépare inexorablement l’homme traditionnel, qualitativement différencié, et l’homme moderne, dégénéré de médiocrité, pourrait être symboliquement comparé à la différence zoologique qui existe entre un lynx (ou un chat sauvage) et un gros matou domestique, tout engourdi et castré.


Plus trivialement, il est important d’affirmer haut et fort que pour l’intemporelle tournure d’esprit traditionnelle (c’est-à-dire normale) un guerrier Massaï, un hoplite de Sparte, un chasseur/cueilleur Pygmée, un Samouraï nippon, un éleveur nomade des steppes mongoles, un chevalier médiéval, un moudjahidin afghan, un medecine-man australien ou un grand-chef Sioux incarnent chacun un type humain clairement différencié et possèdent beaucoup plus de valeur, de virilité, de carrure, de droiture et de prestance anthropologiques (et plus de beauté physique) que n’importe quelle soi-disant élite occidentale actuelle appartenant au monde dit  »civilisé », fusse-t-elle un de ces gros allemands en short et en claquettes, un vil homme d’affaire métrosexuel londonien, un politicard/médiateux en costume raffolant de jeunes boxeurs thaïlandais, un servile et interchangeable journaleux/menteur d’un mètre cinquante efféminé, un sous-intellectualeux à lunettes bobo-baragouineur du style l’imbécile heureux onfray (l’étron philosophailleux moderne par excellence, qui n’aurait pas sa place dans un monde normal) ou un chanteur/sportif drogué intégralement décérébré, et on ne parle même pas de certaines créatures grotesques du type conchita wurst.

Pour faire bref, nous avancerons que l’énorme gouffre ontologique qui sépare inexorablement l’homme traditionnel, qualitativement différencié, et l’homme moderne, dégénéré de médiocrité, pourrait être symboliquement comparé à la différence zoologique qui existe entre un lynx (ou un chat sauvage) et un gros matou domestique, tout engourdi et castré.

En outre, au regard de l’histoire, de l’ethnologie et de la sociologie, nous devons observer que l’ancien monde, avec son paradigme et son mode de vie traditionnels, a partout et toujours conçu la structure de ses divers modèles sociétaux en fonction d’un ordre hiérarchique sacralisé, en s’organisant autour de principes supra-humains et de critères discriminants basés sur la valeur intérieure des êtres (valeur qui peut être de type ascétique ou héroïque, contemplative ou active) et, plus généralement, en s’axant sur la plus-value effective de chaque individu au sein du groupe (ex : aptitude à la guerre ou à l’agriculture, degré de sainteté, de savoir religieux et autres connaissances diverses et variées, maîtrise de techniques artisanales ou d’un art utile quelconque… etc.).

On sait également que les sociétés traditionnelles ont fonctionné à l’image de la constitution d’un organisme vivant ou du métabolisme d’un corps humain : elles se sont distinguées par le simple fait qu’elles furent des Touts se suffisant à eux-mêmes, des sortes d’îlots de néguentropie, des Unités civilisationnelles spirituellement orientées et composées de multiples sous-parties différentes harmonieusement réparties.

Ayons bien en mémoire que la science métaphysique professe à ce titre que plus un organisme (ou une entité non-vivante) contient un grand nombre de parties distinctes, bien agencées et toutes interdépendantes malgré leur spécificité, — l’ensemble des subdivisions internes se trouvant ainsi ordonnées selon un mouvement néguentropique, telle une mosaïque complexe divisée en d’innombrables pièces disposées de manière fractale, dira-t-on — plus celui-ci aura une nature supérieure et une configuration qualitative (songeons simplement à l’échelle graduelle des quatre règnes biologiques) : il en est de même en ce qui concerne les collectivités et les individus qui les composent…

Une belle illustration de cet organicisme sociétal nous est offerte par Platon dans sa République (notamment aux Livres II et IV) en tant que communauté idéale, pour qui toute entité (cosmos, peuples, cités, familles et individus) est naturellement ordonnée selon le principe universel de « Justice » (dikaiosyné) ; celle-ci ne peut être atteinte que « lorsque chacune des diverses parties de la communauté des pouvoirs accomplit sa propre tâche. (…) nos diverses natures ne sont pas semblables mais différentes, chacun est tenu d’accomplir pour l’État un service social, celui pour lequel sa nature est le mieux adaptée », dès lors, « davantage sera produit, d’une meilleure sorte et plus aisément, lorsque chacun ne fait qu’une chose, celle à laquelle il est propre, dans le temps voulu, sans s’occuper des autres ».

Bien que ce fait soit largement connu, précisons que le monde traditionnel a toujours connu des modes d’organisation sociétale élitistes (des aristocraties au vrai sens du mot), faits de plusieurs strates hiérarchiques graduelles, et, plus généralement, a adopté un modèle trifonctionnel (à l’exemple de la fameuse tripartition sociale indo-européenne mise en lumière par G. Dumézil) avec trois castes principales réparties comme suit :

  • le sommet de la pyramide sociale est occupé par la prêtrise (l’autorité spirituelle, l’Auctoritas, « ceux qui savent et qui prient », les Oratores ou Brâhmanes, la Religion/Contemplation correspondant analogiquement au cœur humain, siège de la connaissance divine) ;
  • vient ensuite l’aristocratie guerrière formant une noblesse de sang (le pouvoir temporel, la Potestas, « ceux qui combattent et qui rendent justice », les Bellatores ou Kshatriyas, la Politique/Action s’apparentant au cerveau qui réfléchit et aux bras qui agissent) ;
  • puis, on trouve la troisième strate sociale qui est occupée par la classe économique des gros propriétaires terriens/agriculteurs et des riches artisans/commerçants (c’est la véritable bourgeoisie, le « Tiers-état » proprement dit, le Patriciat, la gens ou l’ethnos, « ceux qui travaillent et qui possèdent », les Laboratores ou Vaishyas, l’Économie/Production responsable du socle alimentaire et démographique du groupe, soit le ventre et le bas-ventre) ;
  • enfin, la quatrième et dernière couche sociale (les « hors-castes ») est composée par le bas-peuple, soit la somme de tous les profanes exclus des trois castes principales (« ceux qui ne possèdent pas les moyens de production et qui n’ont que leurs mains », employés, serfs, esclaves, métèques), ce sont les Shûdras, la Plèbe, le Travail/Consommation, le démos qui se trouve en-dehors du système de caste, mis à l’écart des affaires publiques et de toutes les décisions politico-économiques ; c’est la masse des ignorants non-autonomes (« ceux à qui il est uniquement demandé de croire et d’obéir »), et qui s’apparente, si l’on peut dire, à la multiplicité amorphe, soit à la chair et aux os — à la substance plastique — du composé humain.

À l’extérieur du groupe, se trouvent les bas-fonds sociaux, les vagabonds apatrides et les peuples ennemis (tels les « intouchables » de l’Inde, les « barbares » de l’Antiquité, ou encore les sorcières, les lépreux et autres cagots du Moyen-âge tardif).

La doctrine traditionnelle des races et des castes

Au demeurant, nous laisserons ici le soin au penseur pérennialiste Frithjof Schuon de nous éclairer encore un peu plus sur la doctrine traditionnelle des races et des castes ; s’appuyant sur l’exemple de l’organicisme civilisationnel de l’Inde védique, il récapitule parfaitement nos dires précédents quant à ces quatre grands types d’être humain (que l’on a déjà croisé dans la citation en préambule de cet article) : « Pour le brâhmana, ― le type purement intellectuel, contemplatif, « sacerdotal » ― c’est l’immuable, le transcendant, qui est « réel » ; il ne « croit », en son for intérieur, ni à la « vie » ni à la « terre » ; il y a quelque chose en lui qui reste étranger au changement et à la matière ; c’est là, grosso modo, sa disposition intime, sa « vie imaginative » si l’on peut dire, quelles que puissent être les faiblesses qui l’obscurcissent. Le kshatriya ― le type chevaleresque ― a une intelligence aiguë, mais tournée vers l’action et l’analyse plutôt que vers la contemplation et la synthèse ; (…) Pour le vaishya ― le marchand, le paysan, l’artisan, c’est-à-dire l’homme dont l’activité est directement liée aux valeurs matérielles, non en fait et par accident, mais en vertu de sa nature intime ―, pour le vaishya, c’est la richesse, la sécurité, la prospérité, le « bien-être », qui sont « réels » ; (…) On pourrait définir l’homme « deux-fois né » (dwîja, à savoir les trois castes dont nous venons de parler) comme un esprit doué d’un corps, et le shûdra ― qui représente la quatrième caste ― comme un corps doué d’une conscience humaine ; (…) Pour ce type humain, qui se sépare des types précédents encore plus que le vaishya ne se sépare des castes nobles, c’est le corporel qui est « réel » ; c’est le manger et le boire qui font à rigoureusement parler le bonheur, avec les concomitances psychologiques qui s’y rattachent » (Castes et races, Archè, 1979, p. 9 et 10).

Il est bien dit du reste, dans un célèbre hymne du Rig-Véda (X, 90), que « De Purusha ― « l’Homme universel » décrit sous la forme d’un géant primordial d’une ampleur macrocosmique ― le Brâhmane fut la bouche, le Kshatriya les bras, le Vaishya les hanches ; le Shûdra naquit sous ses pieds ».

Le grand penseur juif du XIIe siècle (surnommé « l’Aigle de la synagogue » par saint Thomas d’Aquin), Moïse Maïmonide, dans son monumental ouvrage : Le guide des égarés (III, 4) plus ésotérique et universaliste qu’on ne pourrait le croire au premier abord, à l’instar de la tradition hindouiste, distinguait lui-aussi quatre types distinctifs d’homme ici-bas, vivant ensemble en ce monde imparfait et imperfectible. En effet, usant d’une belle allégorie symbolique (comparable à la figure de la « triple enceinte » druidique), l’éminent métaphysicien néoplatonicien définissait quatre degrés hiérarchiques entre les êtres humains, tous répartis suivant leur niveau personnel de connaissance et de pureté ontologique.

Selon sa terminologie imagée, les plus valeureux des hommes, situés au sommet de sa classification anthropologique pyramidale, sont ceux qui symboliquement se trouvent « à l’intérieur de la chambre du roi », soit les êtres les plus élevés spirituellement, qui sont en relation directe et permanente, via l’intériorité du cœur, avec Dieu, l’unique « roi » (c’est-à-dire le Soi universel) : ce sont les saints, les maîtres spirituels, les yogis, les prophètes et tous les « Amis de Dieu » ;

la seconde caste est composée des hommes situés « à l’extérieur de la chambre royale », mais tout de même « à l’intérieur de l’enceinte du palais », soit les hommes initiés ayant acquis un certain état de purification ontologique : ce sont les religieux et les membres des confréries initiatiques opératives (ordre de chevalerie et initiations de métiers) ;

le troisième type correspond aux hommes qui sont « à l’extérieur du palais », mais qui toutefois « regardent en direction du palais » : ce sont les membres du peuple, la masse restante des simples croyants (littéralement les « profanes », du latin pro-fanum : « hors du temple ») ;

enfin, la dernière catégorie est celle des plus mauvais, constituée par les mécréants, les idolâtres et les pécheurs de toutes sortes qui « sont à l’extérieur et qui en plus regardent à l’opposé du palais » : aux yeux de Maïmonide, ceux-ci représentent des sous-hommes à éradiquer ou au moins à fermement ostraciser.

Or, pour en revenir à nos jours kali-yuguesques, à l’heure de la médiocrité quantitative intégrale ― soit « le désenchantement du monde », « le règne de la quantité », la « fin de l’histoire », « la société de l’indistinction », la « pax americana », pour ne pas dire « le règne de l’Antéchrist » ou l’ordo ab chao planétaire ―, à l’heure de la « lutte des classes », de la « fracture sociale » et du « choc des civilisations », où toute qualité individuelle s’est divisée et dissoute dans une vaste uniformité grégaire, désintégrée dans une immense soupe amorphe, ces quatre qualités humaines distinctives sont toujours bel et bien présentes, mais totalement diffuses et éparpillées au sein de la population mondiale, toute entière diluée ethniquement et culturellement.


Au final, pour faire court, aujourd’hui, en 2017, le règne du Cinquième-état (celui des voleurs, des andouilles, des fous, des prostituées, des pédophiles, des mafias, des sorciers et autres parasites sociaux) s’est fatalement enclenché et aboutira à une catharsis cataclysmique…


En bref, on peut aller jusqu’à dire qu’à notre époque de parodie et d’inversion de toutes choses, où sévissent la confusion sociale et les mouvements de population anarchiques, où la large majorité des hommes ont perdu leur être véritable, n’ont plus aucune valeur intrinsèque et sont seulement gouvernés par les besoins animaux et les passions sentimentalistes, les sociétés sont désormais dirigées par les plus mauvais membres du groupe (sociopathes, bandits, escrocs, abrutis, pervers… etc.), littéralement les dégénérés, autrefois exclus, formant une pseudo-élite parasitaire ― des toxines et des bacilles humains ayant pour rôle de s’attaquer au cadavre de notre civilisation arrivée en fin de cycle ―, alors que les véritables élites (celles du cycle futur) se trouvent mélangées, oubliées, reléguées en puissance, au sein des masses populaires grouillantes.

« Les sages se tairont et les fous parlerons. (…) la confusion tombera sur tous les hommes », est-il tout simplement déclaré au sujet du chaos ethnico-social propre à toute civilisation en voie d’effondrement, dans un texte inter-testamentaire intitulé l’Apocalypse de Baruch (LXX, 5 et 6) ; voici également ce qu’écrivait le philosophe persan Qotboddîn Shîrâzî au XIIIe siècle, au sujet de la dégénérescence humaine et de la confusion sociale de notre ère historique, qui constitue typiquement une fin de cycle civilisationnel : « Parce que le temps des prophètes est passé, les imbéciles et les ignorants s’emparent triomphalement du pouvoir. C’est le fait d’une époque comme la nôtre, où les religions ont perdu leur force, où les catastrophes se succèdent, où les sentiers et les voies de la sagesse sont effacés au point qu’il n’en reste plus trace, époque où sont abolis les rangs et les degrés qui constituent la hiérarchie de l’Intelligence »…

En adoptant une plus large perspective, nous dirons que cette quadripartition des types humains évolue avec le temps et se désagrège graduellement, voyant petit à petit le degré de qualité ontologique des élites politico-sociales dangereusement régresser ; ce processus, que J. Evola dénommait la « loi générale d’involution des castes », est d’une extrême importance pour la compréhension de l’histoire universelle. Nous utiliserons, pour conclure cet article, l’exemple parlant de la destinée historique régressive du monde occidental (ce qu’on a appelé un temps la « Chrétienté »).

Ainsi, dans le cadre d’existence traditionnel, on l’a vu, ce sont les élites spirituelles, la caste sacerdotale, qui occupent le pyramidion de la hiérarchie sociale (au Moyen-âge, le pape  »fait » les rois en leur conférant le « Droit divin » et le clergé dirige l’ensemble des aspects de la société).

Puis arrive l’heure de l’usurpation sacrilège, de la coupure du lien sacral et de la prise de pouvoir des élites temporelles aux dépens de l’autorité spirituelle ; c’est ce que l’Hindouisme appelle la « révolte des Kshatriyas » (cela correspond à l’arrestation des Templiers au début du XIVe siècle et à l’action antitraditionnelle de Philippe-le-Bel : apostasie, faux monnayage, assassinats de clercs, vols de biens ecclésiastiques, politique mercantile et centralisatrice… etc.).

Dès lors, pas à pas, c’est au tour des rois et de la noblesse de sang, désormais dépourvus de la moindre légitimité sacrée, de se voir déposséder du pouvoir réel par le Tiers-état, soit la classe marchande et bourgeoise, mettant en place la « démocratie » dans le sens premier du terme (Renaissance, Réforme, puis Révolution de 1789, mort de Louis XVI, avènement des nationalismes laïcs et des ripoubliques maçonniques, singerie de la monarchie avec l’empereur/bankster Napoléon, séparation entre l’Église et l’État… etc.).

Enfin, arrive l’ultime période dominée par le Quatrième-état, c’est l’ère terminale du matérialisme de masse, des foules et des collectivismes sans âme broyeurs de toutes qualités anthropologiques (avec le développement du Communisme bolchevique et des divers régimes nationaux-socialistes, puis l’établissement global, après les deux guerres mondiales, du Capitalisme spectaculaire et son consumérisme obligatoire).

Au final, pour faire court, aujourd’hui, en 2017, le règne du Cinquième-état (celui des voleurs, des andouilles, des fous, des prostituées, des pédophiles, des mafias, des sorciers et autres parasites sociaux) s’est fatalement enclenché et aboutira à une catharsis cataclysmique, le monde entier, désormais sans dessus-dessous, se voit froidement managé dans une gigantesque « diablerie de foule », gangrené par les influences démoniques les plus inférieures, où, on l’a déjà écrit ailleurs, l’humain n’est plus sujet mais objet des forces historiques, et, où le borgne (à la fois initié, pirate et diable) a été sacré roi des aveugles, soit tout simplement « des aveugles qui guident des aveugles », et qui « tous les deux tomberont dans un trou » (Matthieu XV, 14)…

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